SCÈNE DE MEURTRE AVEC MODE OPÉRATOIRE

Cathuzaé

Cathuzaé

 
J'étais assise au restaurant « les Querelleurs » avenue des Grands Augustins à Paris avec des collègues quand soudain l'ambiance commença à devenir électrique à l'évocation des élections présidentielles et du débat d'entre les deux tours.
L'alcool aidant, les voix s'élevaient, j'essayais de suivre les conversations, à gauche, à droite, dans un brouhaha incessant. Dans ma tête, je n'entendais plus rien, hormis cette musique de fond lancinante qui accompagnait les plats.
Je regardais Paul assis en face de moi, il parlait, argumentait, éructait. Son visage devint soudain rouge, bouffi, un peu de sauce grasse dégoulinait de sa lèvre inférieure, je le trouvais hideux, à l'étroit dans sa chemise, le col serré, le ventre alourdi le faisait ressembler à une grosse baudruche.
Je me mis à le détester, je le regardais avec horreur.
Quand il sortit pour aller aux toilettes, je me levais, le suivais, les autres continuaient à parler, je rentrais dans les toilettes hommes, les fermais à clé, une cagoule sur la tête, il était de dos en face de moi, je me précipitais sur lui, je saisis mon écharpe et l'étranglais de toutes mes forces, il se débattait, tomba.
J'en profitais pour le plaquer au sol et lui intima de se taire, j'en avais assez de l'entendre hurler contre les uns et les autres.
Je serrais de plus en plus fort le nœud et sentis que son corps se relâchait, je le rentrais dans les douches hommes et sortis des toilettes.
Je revins tranquillement à ma place terminer mon dessert et on attend encore Paul.
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