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CHARMEUR DE LUMIERE

Dominique Boissy

Dominique Boissy

Mon oncle fut le premier charmeur de lumière.
Un métier rare, connu seulement de quelques artistes et de quelques scientifiques.
Un don, plutôt qu'un métier, bien qu'il ait son utilité.
Cela demande de la clairvoyance et de la sensibilité.
Pas d'études, pas de leçon, cela se transmet plus par affinités que par des cours théoriques.
Néanmoins, des connaissances en peinture et en photographie peuvent s'avérer utiles.
Comme des bases en chimie et en physique, un bon sens de l'observation, un bon oeil et un odorat développé, mais aussi une ouverture d'esprit et un grand sens de la relativité.
Mon oncle avait remarqué un lien direct entre les senteurs d'ozone et les nuances de la lumière, à la suite d'un voyage dans les pays du nord de l'Europe.
Il en revint détenteur du secret pour faire danser les aurores boréales.
De retour en Provence, il adapta ses connaissances à la chasse aux orages, se basant sur le parfum des pierres et le sens du vent.
Il m'a transmis son art, en secret.
Et depuis, si vous me voyez partir au sommet des collines lorsque le ciel se charge d'une couleur ardoise, gardez l'oeil sur les nuages, et vous verrez peut-être apparaître le plus beau des arcs en ciel...
 
Okhra
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