Fiction
1 min
UNE HISTOIRE D'AMOUR
Dominique Boissy
Je n'oublierai jamais notre rencontre, en juin 2018.
Ce fut, je crois, un coup de foudre mutuel.
Ton choix fut rapide, juste le temps d'un regard panoramique, les yeux un peu plissés, et ta main s'est tendue vers moi.
Bon, d'accord, tu as aussi mis dans la boite 4 autres que moi, dont ma jumelle noire, mais je fus ton premier choix.
Un instant de doute affreux m'étreignit lorsque, par acquis de conscience, je te connais mieux maintenant, tu essayas aussi "les autres", mais ce fut pour mieux revenir vers moi.
Je sais que c'est d'abord ma couleur qui t'a attirée. Le rouge, toujours...
Puis ma forme, je devais être assez ronde pour couvrir la ligne de sourcils, mais pas trop pour ne pas reposer sur tes jolies joues rebomdies.
Tu recherchais un petit coup de jeune immédiat, ce que je t'offre avec reconnaissance.
Puis l'attente, huit jours interminables.
J'eus un petit coup au coeur lorsque je vis que dans la boîte se trouvait aussi "la noiraude", qui me souriait d'un air moqueur...
Vint le jour de notre mariage, le mot n'est pas trop fort.
Ta main se dirigea vers moi, qui en doutait ? J'eus le temps de croiser le regard incrédule de ma jumelle. Et tu refermas la boîte d'un coup sec, avant de la glisser dans un tiroir.
Nous devinmes inséparables, de l'heure de ton réveil jusqu'au coucher, jamais sans moi.
Je te pardonnai de me déposer sur la table de nuit pour tes lectures du soir, bien que je ne l'aie jamais compris.
Mais que les nuits étaient longues sans toi... J'aurais aimé voir tes rêves, ils me restaient inconnus.
Je t'ai offert le panorama sur le monde et ses beautés, parfois l'émotion te troublait la vue.
D'autres fois, aussi, tu pleurais de rage ou de désespoir et il te fallait me quitter un instant pour sécher tes larmes.
Tu me traitais bien, avec douceur, tu me lavais avec ménagement plusieurs fois par jour.
Un jour, pouttant, tu me brisas le coeur, je ne m'y attendais pas.
Tu décidas sans prévenir de me laisser de côté pour te saisir de ma soeur jumelle, la noire, et tu refermas la boite sur moi...
Je restai seule, si seule sans toi. On peut mourir d'amour, je crois.
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